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Yasmine Azaiez au Théâtre romain de Carthage: Le violon est roi au royaume de la culture

L’instrument musical et sa présence en solo dans nos manifestations culturelles, la formation musicale et la culture de l’instrument musical demeurent des questions centrales dans toutes les réflexions sur l’enseignement musical et la programmation culturelle en Tunisie. L’instrument, roi dans plusieurs pays occidentaux est relégué aux derniers plans dans nos festivals nationaux et internationaux et pour cause : le public tunisien a été gavé pendant trop longtemps par des spectacles orientaux et tunisiens où la chanson est l’élément principal et l’instrument n’est qu’un accessoire. Il a été également bercé par des mélodies orientales qui occupé la totalité de nos espaces radiophoniques, télévisuels en plus des lieux de représentations public et privés. Le résultat est parfois affligeant. Des spectacles de musique symphonique sans public, des instrumentistes de musique classique en quête de reconnaissance, d’autres récupérés par des orchestres européens…

La programmation d la violoniste virtuose à la 53ème édition du Festival International de Carthage est venue briser cet état de fait de démontrer que l’instrument est à lui seul un art total à le soliste est à même d’offrir les plus belles soirées au public. La soirée « Fabilus » de Yasmine Azaiez, jeudi 16 aout au théâtre romain de Carthage a démontré que les traditions qui ont pourtant la peau dure peuvent être bouleversées.

Avec sa grâce et majesté et accompagnée d’un grand orchestre d’instrumentistes tunisiens et étrangers, Yasmine Azaiez a ouvert son spectacle avec « Prélude pour Carthage » un morceau composé par l’artiste et offert à Carthage et à son public en signe de révérence. Une très belle entrée avec des sonorités aériennes merveilleusement exécutées par des instrumentistes talentueux parmi lesquels, Ghofrane Miladi au premier violon, une ex élève de Yasmine Azaiez et actuelle étudiante à International Menuhin Music Academy à Londres.

Yasmine Azaiez n’a pas pu retenir son émotion devant des gradins archicombles : « C’est pour moi un grand défi de remplir les gradins de Carthage, car nombreux sont ceux qui m’avaient prédit des gradins vides. Aujourd’hui je leur démontre que je peux être meilleure que Nancy Ajram et que le travail fini toujours par payer » a-t-elle déclaré avec un large sourire de joie.

Yasmine s’est lancée dans un enchaînement de morceaux aussi remarquables les uns que les autres en visitant ses titres issus de son nouvel album Fabilus, sur un fond d’images dynamiques projetées sur des écrans LEd. Un spectacle moderne au cours duquel l’artiste a joué plusieurs titres puisés dans le patrimoine musical national qu’elle a réarrangé à sa manière djazzy, à l’instar de « Djerba » de Radha Kalai, « Taht el Yasmina Fellil » de Jouini . Une belle soirée au cours de laquelle l’artiste a changé en solo mais aussi avec la célèbre jeune artiste Amal Cherif. Une collaboration qui en dit long sur l’esprit de Yasmine Azaiez, ouverte sur les expériences de tout le monde et généreuse jusqu’au bout des ongles.