partage

Aymen Lessigue et Ameni Souissi au théâtre romain de Carthage: Une icône est née et une star confirmée

Le théâtre romain de Carthage a vécu samedi 5 aout 2017 la naissance d’une nouvelle icône de la chanson tunisienne et la consécration d’une star déjà célèbre dans le monde arabe : Aymen Lessigue et Ameni Souissi qui ont tous les deux offert au public de la soirée, le meilleur de leur art et la quintessence de leur talent de chanteur.

L’enjeu n’était pas facile pour les deux artistes qui savaient pertinemment que le passage ce soir-là sur la scène du théâtre romain de Carthage était est un exercice périlleux qui scellera toute leur carrière, soit par l’ascension où l’échec.

A cet examen, combien même difficile s’ajoute le devoir de relever le défi de démontrer au public et aux critiques que les artistes tunisiens sont à même de remplir les gradins de Carthage et d’assurer une soirée de qualité qui n’a rien à envier aux artistes étrangers, notoriété du Festival International de Carthage oblige.

Ce qui n’était pas évident pour Aymen Lessigue et Ameni Souissi de porter un fardeau aussi lourd. Mais les chemins de la gloire sont toujours pavés de difficultés qu’il faut affronter en travaillant dur et en usant de tous les moyens pour vaincre le stress, la peur du public, et me trac.

Et ce le cas pour le jeune Aymen Lessigue qui a ouvert la soirée avec une énergie débordante et une fraicheur contagieuse. Aymen Lessigue semble avoir très bien préparé son spectacle au détail prés. En costume noir très branché et accompagné de deux orchestres, de musique orientale, occupant la partie gauche de la scène, et l’autre occidental occupant la partie droite de la scène, Aymen Lessigue a triomphé à Carthage par des sonorités exceptionnelles où le violon, le cuivre, la percussion, la basse, la guitare électrique le nay, la percussion ont fusionné dans une harmonie épatante, offrant à voir, un seul et grand orchestre moderne et d’une qualité technique irréprochable, digne des grands évènements.

Et c’est dans un déluge de cris de joie que Lessigue a entamé soirée avec « Sabrek alaya » suivi de « Allah Allah alik » qu’il a chanté pour la première fois samedi à Carthage.

L’artiste a ensuite enchainé les titres en visitant les modes de la musique algérienne avec « « Man Sallem Fik » et « Jat Layam » qui ont enflammé le public séduit par le charme et la voix forte et envoutante de ce chanteur en pleine ascension. Lessigue était en communion totale avec ses fans et heureux d’être sur cette mythique scène.

Un bonheur qu’il n’a pas essayé de camoufler en préférant le partager avec un public magnifique et joyeux qui a chanté et dansé tout au long de la soirée. Aymen Lessigue a enchainé les titres, variant le tempo avec une beaucoup d’aisance en interprétant « Tofla », puis « Mrayedh », « Qualbi M3adebh », « Hazzar » pour clore sa soirée avec « Mezri » un titre d’une rare beauté avec un mélange de rock et de Stambali , sur un fond de musique authentiquement tunisienne. Une très bele chanson où la danse était présence avec la contribution de groupe « Stambali ».

De la musique, du chant, de la danse et plein de couleurs. De la joie, de la vie tout simplement. Un artiste de grand talent, généreux et spontané, avec un timbre vocal exceptionnel, une parfaite maitrise de la scène et bien managé par Anis Fliss.

La deuxième partie de la soirée était dédiée à la star de la chanson arabe Ameni Souissi qui s’est trouvée face à un public gonflé à fond par la rythmique et l’énergie de Lessigue. Elle s’est trouvée dans l’obligation de préserver cette énergie sans pour autant affecter son style personnel et sa propre énergie. Un exercice difficile eu égard à la diversité du public qui dans sa globalité aime le rythme et préfère danser qu’écouter.

Mais avec son expérience de star Ameni a très vite maitrisé la barre en imposant son propre tempo. Le public déjà conquis s’est laissé bercé par la belle voix de sa cantatrice et envouté par son charme et subtile gestuelle. Ameni a ouvert sa soirée avec « Elli Chayef Nafsou », suivie de « Men Waraya », « Yamma ya Ghali », « alou Zini », « Twahhachtek » et tant d’autres tubes que le public a adoré. Ameni a chanté jusqu’à une heure tardive d’une nuit particulièrement chaude de ce mois d’aout accompagné d’une troupe orientale conduite par le maestro Mahmoud Lassoued et une chorale qui n’était autre que son public.

Une soirée de grande facture assurée par deux artistes tunisiens qui ont démontré de Carthage a tout à gagner en programmant les artistes tunisiens.