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Enquête : Le Tunisien est-il sexuellement épanoui ?

Précisons d’abord que cet article ne relève pas d’une étude sociologique mais d’un récit élaboré par la collecte de témoignages.

Bien qu’elle soit moderne, la société tunisienne,  est avant tout une société musulmane. Nos mœurs et coutumes se sont donc imprégnées des interdits religieux.

Avoir des rapports sexuels avant le mariage est donc une mission impossible. (Ça devrait être le cas).

Mais ceux et celles qui ont osé braver cet interdit, ne semblent pas le regretter et justifient leur pêcher par un ardant désir, un accomplissement de leur amour, ou par le simple assouvissement de leur instinct.

M, est un jeune étudiant de 25 ans : «  J’ai eu mon premier rapport sexuel à 19 ans, c’était avec une touriste française que j’ai connue dans une boite de nuit. C’était catastrophique, elle menait le jeu et j’étais complètement perdu. C’est pour cela que j’ai voulu continuer à avoir d’autres relations sexuelles, pour mieux comprendre mon corps et ses envies. »

Si les garçons n’ont aucun tabou de parler de leur première fois, c’est une autre paire de manches pour les filles, qui sont vite traitées de tous les noms dès qu’elles osent en parler.

C’est peut être l’une des raisons qui justifierait le taux élevé de l’hyménoplastie en Tunisie. Après avoir « succombé » aux joies de la sexualité, les filles se refont une virginité pour pouvoir se marier et être dans les normes.

Intéressons-nous maintenant à ceux à et celles qui n’osent pas perdre leur virginité avant le mariage. Ont-ils droit à une sexualité ?

F, a 28 ans, elle travaille dans un jardin d’enfants et vient de se fiancer à un jeune homme conservateur : « Je vis un dilemme quotidien. Mon nouveau fiancé se contente de me tenir la main ou de m’embrasser sur la joue. On n’a jamais l’occasion de rester en tête à tête. Je le vis très mal, car, même si j’ai gardé ma virginité, je partageais des moments plus intimes avec mon ex petit ami. On passait des heures à flirter dans son appartement et je ne me sentais pas coupable parce que je l’aimais et surtout parce que je gardais ma virginité. »

Qu’en est-t-il de ceux qui ont attendu le mariage pour découvrir le sexe ?

On a déjà parlé dans un précédent article, du choc de la nuit de noces. Le manque d’éducation sexuelle cause une vraie détresse conjugale.

K, 40 ans, fonctionnaire à la poste : «  Ma femme est très froide. J’ai beau lui expliquer qu’elle ne doit pas se  refuser à moi, elle trouve toujours un prétexte pour le faire. On avait des rapports assez réguliers, mais ce n’était pas non plus transcendant. On fait chambre à part depuis 3 ans. J’ai baissé les bras en me « soulageant » avec du porno car je n’ose pas la tromper. »

La libido du Tunisien va mal ! Et le mariage ne semble pas résoudre  les problèmes. Par pudeur ou par ignorance, les couples évitent de communiquer quand il s’agit de sexe.

F, jeune femme au foyer et maman de deux enfants : « Je n’aime pas mon mari, c’était un mariage de raison. Et je n’éprouve aucun plaisir à lui faire l’amour. C’est grâce à ma voisine (qui n’arrêtait pas de me parler de ses prouesses sexuelles) que je voulais découvrir l’orgasme. Sauf que voilà, je respecte énormément mon mari, et on ne parle jamais de sexe. J’ai beau porter de jolies nuisettes et me faire belle, il ne couche avec moi que quand il en a envie. »

N’oublions pas de parler du viol conjugal, encore plus tabou que le viol ordinaire.

Vous n’avez qu’à écouter certaines émissions radio, consacrées à la sexualité. Les témoignages sont choquants. Des femmes, violées (et pas forcément battues) par des maris qui ne pensent qu’à leur plaisir.

L’esprit ancré par les images pornographiques, les époux veulent transformer leurs femmes en Clara Morgan, et c’est à ce moment-là que les ennuis commencent.

Sans généraliser, nous pouvons tout de même dire que le Tunisien n’est pas sexuellement épanoui. Entre un corps assoiffé de désir, et des interdits de toute part, naissent des êtres frustrés et mal dans leur peau.

N’hésitez pas à commenter, le débat est ouvert à tout le monde.