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Chronique : De l’énergie positive pour des jours meilleurs

Les sondages et le contact des gens nous permettent de nous rendre compte facilement de l’état de déprime presque permanente que vivent les Tunisiens en essayant d’entrevoir les grands traits de leur avenir à la lumière des données du présent. C’est sans doute la raison fondamentale de leur propension de plus en plus évidente à se détourner de la politique politicienne dont ils ne semblent attendre une vraie solution à leurs problèmes.

En effet, les politiques leur donnent l’impression de s’engluer toujours plus dans la démagogie et la manipulation, les uns contre les autres, et tous au détriment du pays et de ses citoyens. C’est pourquoi, le spectacle politique national est caractérisé par ce qu’on s’est entendu d’appeler « l’exode politique » ou mieux « l’émigration politique », selon la répartition et la considération des espaces et des appartenances. Les citoyens sont tentés par l’espoir et se rapprochent des politiques, mais ils se rendent vite compte que leur intérêt n’est pas là et ils s’en vont chercher ailleurs ! Il est entendu que l’intérêt diffère aussi car, si certains citoyens vont vers les partis politiques pour servir le pays, d’autres y vont pour chercher à s’y servir ou à s’en servir.

De fait, c’est la désillusion qui s’empare des cœurs et des esprits et l’on ne sait plus où donner de la tête ni qui croire et qui ne pas croire. Il en résulte alors un comportement de remise en question de tout, et de catastrophisme généralisé. Il faut reconnaître que depuis 2011, la plupart de nos politiques nous ont taillés et sculptés à la mesure de cette façon d’être et de voir, convaincus que c’est de cette façon qu’ils pourraient engager notre destin par procuration auto-attribuée et qu’ils pourraient régner sur notre volonté réduite à son plus petit feu et à sa moindre lumière.

Cependant, la question essentielle aujourd’hui, c’est de choisir, en en assumant la responsabilité, soit de continuer à tout bafouer jusqu’à nous-mêmes et à tout voir en noir, soit à tout reprendre en main pour décider de nous-mêmes de la voie de notre avenir en nous inscrivant d’abord et surtout dans l’esprit de la positivité active. Oui, tout voir en rose et même à grande dose, même ce qui paraît ne pas fonctionner convenablement, avec la volonté et l’énergie de tout faire pour corriger cet état des choses et d’aller de l’avant. Cela s’appelle « la critique positive » pour une participation constructive et non de récupération.

J’ai discuté récemment avec un jeune homme qui s’active comme un « dingue » à mettre en place des clubs de jeunes dans tous les coins du pays et à les mettre en situation de conversation constructive des affaires communes, et même de leurs propres situations. Ils critiquent, ils analysent, ils proposent, ils composent … Ils ne disposent sans doute pas encore mais cela viendra certainement ! Tout cela dans une ambiance de joie et de bien-être, avec le sens du devoir en accomplissement et la conscience de la responsabilité assumée. J’ai donc demandé à Nizar Chaâri, parce que c’est de lui qu’il s’agit, ce qui justifierait cet énorme travail qu’il initie et cette vaste dynamique qu’il propage, en cherchant à savoir, comme beaucoup d’autres, s’il mettait en place la plateforme d’un parti politique. « Non, dit-il ! Je veux juste diffuser, du mieux que je pourrais et aussi largement que possible, l’esprit optimiste et l’énergie positive dont nous aurions besoin pour avoir la force de continuer, surtout chez les jeunes qui ont à leur charge l’essentiel du chemin. »

Oui, je veux bien croire à cette démarche contre tout « politicisme » classique ! Je veux bien avoir foi dans cette jeunesse qui en a marre de pleurer sur les ruines sans rien pouvoir réaliser de bon, et qui maintenant prend son courage à deux mains et se sent responsable de son destin, et du notre au besoin ! Elle est le design de la Tunisie de demain ; elle est la Tunisie qui se relève.

Mansour M’henni