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Aicha et le démon au théâtre romain de Carthage: Un manifeste pour la vie, la liberté…

Jamais le théâtre romain de Carthage n’avait réuni autant d’artistes, de comédiens et de metteur en scènes sur ses chaises et ses gradins. Ils étaient venus de partout découvrir avec le public de Carthage, la première de « Drama, Aicha et le démon » une pièce théâtrale audacieuse sur un texte de Moncef Ben Mrad, une mise en scène de Mohamed Kouka avec la participation de plusieurs figures emblématiques du théâtre tunisien. La programmation de cette pièce théâtrale sur la scène du théâtre romain de Carthage est en soi un acte de courage qui exprime toute la volonté des organisateurs de réintégrer cette expression dans la programmation de nos festivals en général. Il est vrai que théâtre a du mal à s’accommoder des grandes scènes à ciel ouvert et des grands festivals de masse. Il possède ses propres codes et exigences.

Cependant, le festival de Carthage, dans sa 53ème édition a tenu à répondre aux attentes de tous ses publics, sans exclusive aucune en incluant dans sa programmation toutes les expressions artistiques ou presque y compris le théâtre à travers cette pièce dont le thème est pour le moins d’une grande actualité internationale. Dans un décor minimaliste dominé par le trône d’un monarque sanguinaire, et dans un espace-temps indéfini, la pièce déroule la triste histoire d’une monarchie aveuglée par le désir de la chair, le culte du pouvoir absolu, la terreur et l’obscurantisme.

Le Sultan, un monarque schizophrénique, règne en maitre absolu en diffusant ses valeurs d’obscurantiste avéré, réduisant à néant ce que l’Homme a fait de grand et de sublime. Sa Cité est une prison dont les portes ne sont ouvertes qu’à ses disciples parmi les extrémistes et les malades mentaux qui ne vivent que pour le sexe dans sa forme la plus abjecte. Entouré de ses vassaux, le Sultan multiplie les fatwas selon son bon vouloir, en légalisant l’assujettissement de la femme et en la réduisant en un simple outil de plaisir offert à ses disciples, en venant à bout des intellectuels et des penseurs, en détruisant tous les symboles de la culture, des monuments archéologiques aux bibliothèques. Son règne n’est qu’un triste et sombre caveau renfermant les projets les plus ignominieux. Il incarne l’incarnation du démon qui ne peut survivre que par le sang des humains. Mais Aicha, sa deuxième femme lui résiste, et refuse le sort qui lui réserve c démon. Il incarne la vie, la liberté et la rébellion contre la tyrannie. Sa résistance fini par payer et le Sultan démon périra avec sa sujets par une maladie ravageuse.

Drama, Aicha et le démon est un manifeste contre le terrorisme, le dogme religieux, le pouvoir absolu, l’assujettissement de la femme et la culture de la mort. Avec une approche théâtrale qui puise ses repère dans le théâtre classique avec ses envolées tragi-comique, elle décortique la pensée djihadiste sanguinaire, démasque leur discours et dévoilant leur vrai visage de sanguinaire. Avec un de comédien de grand calibre elle fait l’éloge de la liberté et fini sur une note d’espoir.