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Le jeu des rumeurs et des nominations. L’éducation en point de mire

On sait depuis « l’Ancien régime », et la chose ne peut que continuer dans la logique même de la procédure, que les rumeurs propagées à la veille de certaines nominations peuvent venir soit du côté de ceux qui nomment, soit du côté de ceux qui attendent ou souhaitent être nommés.

Pour les premiers, ce serait une façon de sonder l’opinion publique et de tâter la réceptivité d’une nomination discutable, voire contestable de certains points de vue. Pour les seconds, ce serait soit une manière d’actualiser un nom dans le lot des « nominés », soit une arme pour essayer de faire obstacle à un concurrent supposé. C’est de bonne guerre, dirait-on, et c’est au responsable des nominations de séparer le bon grain de l’ivraie ou de faire ses choix et de les assumer.

Dernièrement, une rumeur a pris une certaine manifestation, convenablement gérée à la douceur et sans une intention conflictuelle explicite, à la marge de la nomination tant attendue d’un ministre de l’Education, une nomination que certains calculs et des intentions bien conflictuelles cette fois voudraient transformer en un remaniement du gouvernement. La rumeur en question se rapporte à Hatem Ben Salem, actuel directeur de l’Institut tunisien des études stratégiques, et précédemment pressenti pour un poste ministériel dans le gouvernement d’union nationale. En effet, à un moment où plusieurs avis, proches du secteur éducatif et sans grand parti-pris dans leur évaluation des gens et des situations, s’étaient prononcés favorablement à la nomination de H. Ben Salem à la tête du ministère de l’Education (Un ministère qu’il avait précédemment géré sans heurts, en contexte difficile), la rumeur a circulé que le Monsieur s’est poliment excusé, éludant la nomination sans justification déclarée.

Or voilà que de sources bien renseignées et proches du cercle de décision, on apprend que la réponse du « candidat potentiel » a été des plus sages et des plus attendues : « Je n’ai aucune objection si on voit en moi la personne à même d’assumer cette responsabilité. Je suis toujours au service de mon pays là où le devoir m’appelle. »

En conclusion : suivez bien la rumeur, depuis sa source, pour savoir qui a le plus d’empressement, sans doute peu justifié objectivement, à s’emparer de ce poste. Mais, dirions-nous encore, c’est de bonne guerre, tout en soulignant que dans la guerre de ce genre, un stratagème peut se retourner contre son initiateur.

Ahmed Gacem