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Soirée de Walid Tounsi: Un franc succès

La chanson populaire a toujours été marginalisée de nos festivals nationaux et internationaux. Elle a toujours souffert d’un préjugé réducteur qui l’a reléguée à un statut inférieur et fait de ses auteurs une sorte de paria évoluant partout ailleurs sauf dans les espaces publics.

Cette situation a perduré jusqu’au jour où l’un de ses icones le maitre incontesté Hedi Habbouba a eu «le privilège » de monter sur la mythique scène de Carthage, dans une démonstration majestueuse de son art qui lui a permis de prouver par la grâce de sa gestuelle légendaire et son timbre vocal inimitable que la chanson populaire devrait mériter tous les égards de nos organisateurs, en tant qu’expression artistique à part entière, avec ses écoles, ses tendances et ses référentiels.

Et ce fut le début le début d’un long processus de réhabilitation de toutes les expressions populaires à l’échelle nationale, dans les festivals, les médias y compris la télévision nationale. La soirée de Walid Tounsi programmée mardi soir au théâtre romain de Carthage, dans le cadre de la 53ème édition du Festival International de Carthage est à inscrire dans ce long même processus de réhabilitation qui se poursuit encore. Comme un roi dans son royaume Walid Tounsi dont les chansons sont écoutées tout au long des journées, dans les espaces privés et publics, a réussi avec grand éclat son entrée en scène face à des gradins archicombles et un public gonflé à fond.

Le spectacle musical a été ouvert par un tableau de danse traditionnelle authentique « dakhla Tabla », exécuté par un groupe de danseurs aguerris au milieu desquels évoluait un petit enfant qui dansait lui aussi sur les rythmes saccadés de la tabla. Un début prometteur pour un spectacle atypique qui a duré plus de deux heures de temps. La troupe a enchainé avec une série de chanson populaire puisée dans le registre de la musique confrérique tunisienne avec ses envolées soufies qui ont été très bien appréciées par un public impatient de rencontrer son idole.

Et le maitre a fini par sortir des loges sous un déluge d’applaudissements et de cris. En costume gris très tendance, et accompagnée d’un grand orchestre mixte où les instruments de musique occidentale côtoyaient ceux de la musique traditionnelle tunisienne, « le King » a salué son public en exprimant sa grande joie de le rencontrer à Carthage, avant d’enchainer les tubes sur les rythmes desquels les nombreux spectateurs ont dansé du début jusqu’à la fin.

Walid Touni a gâté ce soir-là son public en lui offrant ses meilleurs chansons dont « Malek rouhi », « Ach Khallani Nashar », « Tal Essaber », « Tir Elli Machi », « Famma Rabbi », «3lach ya nass », « Ya sahbi », « Majnounet Kalbi » et tant d’autres encore. Sans aucune interruption, à l’exception d’une brève pause pour changement de costume, pour paraitre en jean et chemise blanche, Walid Touni a merveilleusement occupé l’immense scène de Carthage et réussi à maitriser un public nombreux et difficile en inscrivant son nom sur le livre de l’histoire du théâtre romain de Carthage comme un grand artiste qui a hérité des legs de ses prédécesseurs. Une soirée particulière en hommage aux maitres de la chanson populaire tunisienne : Hedi Habbouba, Salah Farzit, Fatma Bousséha, Ismail Hattab dont les chansons résonnent partout à travers le pays et qui méritent tous les honneurs pour leur apport incommensurable à l’enrichissement de la culture tunisienne dans son sens le plus large.