partage

Ivresses au Musée de Carthage: Quand Dorsah Hemdani et Aida Nosrat chantent les Rubaïyat …

Ce n’est certes pas la première fois que les Rubaïyat (quatrains) sont chantées. L’Astre de l’Orient, Oum Kalthoum, les a déjà déclamées en 1950, mais c’est probablement la première fois qu’elles le sont dans les deux langues que pratiquait le poète, philosophe et astrologue persan Omar Khayyam, l’arabe et le perse.

Créé dans par Accords Croisés en octobre 2010, le spectacle « Ivresses », avait réuni une première fois la Tunisienne Dorsaf Hamdani et l’Iranien Alireza Ghorbani. Avec à la clé un succès qui a eu une résonnance telle, qu’elle a fini par provoquer son arrêt en raison de pressions subies par l’artiste iranien.

Mais il en faudrait plus pour faire plier la création et les auteurs de cette œuvre somptueuse sous la direction de Saïd Assadi ; « Ivresses » renaît de ses cendres tel un phœnix. Le nouveau défi est lancé par l’association de la sublime cantatrice iranienne, Aida Nosrat, à la voix soyeuse et envoutante de Dorsaf Hamdani.

Pari gagné d’emblée avec cette première apparition publique du nouveau duo sur la scène du Musée de Carthage dans le cadre de la 53ème édition du Festival International de Carthage. Dès les premières notes, la complicité entre les deux artistes saute aux yeux. Elles sont même en admiration l’une de l’autre quand elles s’entendent interpréter. Encore plus que le public lui même qui succombe carrément sous le charme quand Dorsaf et Aïdi associent leurs voix qui résonnent dans les oreilles comme celle d’un seul interprète.

Une communion délicatement enlacée par les enjôleuses envolées de la vièle kamantché de Saman Samimi et le tar de Milad Mohamedi, tandis que l'oud de Sofiane Negra égrène ses pérégrinations méditatives. Le tout ponctué par les percussions fines de Habib Meftah Boushehri.

Sept titres de l’album « Ivresses » vont ainsi caresser nos oreilles durant cette soirée ensorcelante ; le sacre de Khayyam, L'ivresse, Enivrement, L'existence, Amoureux, La Caravane, L'échanson. Trop peu au goût d’un public insatiable qui en redemandait encore. Il n’en fallait pas plus pour éveiller la générosité légendaire de Dorsaf Hamadani qui, en guise de cerise sur le gâteau, avait senti venir la doléance.

Elle dévoila alors la surprise annoncée lors de la conférence de presse, racontant une anecdote survenue lors d’une répétition. A cette occasion, Saman Samimi lui avoua qu’il savait chanter un air d’un chanteur tunisien pour lequel il vouait une grande admiration. Une chanson par ailleurs très populaire en Iran. Il ne s’agissait rien d’autre que du célébrissime « Sidi Mansour » que les artistes se firent un plaisir d’interpréter à un public qui apprécia l’offrande comme il se doit