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Les Matinales de la 53ème édition du Festival International de Carthage Colloque : « Carthage, berceau de la démocratie »

Coup d’envoi mardi 18 juillet de la série des  conférences scientifiques des « Matinales de Carthage » à  l’espace l’Agora et s’inscrivent dans le cadre du programme parallèle « Résonances carthaginoises »  de la 53ème édition du Festival International de Carthage. « Carthage, berceau de la démocratie », tel est le thème de la première des quatre conférences prévues, qui a été consacrée à l’étude du régime politique et la constitution en période de la civilisation Carthaginoise et l’impact de cet héritage sur le modèle démocratique actuel.La conférence a été animée respectivement par Mokhtar Rassaa, directeur du Festival International de Carthage, Khaled Melliti, historien et enseignant en études puniques à l’UMR 8167 Mondes sémitiques au Collège de France de Paris,  Farah Hached, juriste, enseignante et militante tunisienne, Sofiène Ben Farhat, journaliste et écrivain, et Ahmed Seddik, député à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).Ouvrant les débats, Mokhtar Rassaa s’est penché sur les raisons qui ont motivé le choix de la thématique de cette édition des « « Matinales de Carthage ». « La civilisation carthaginoise n’a jamais bénéficié de l’attention qu’elle mérite eu égard  à l’importance et à l’impact de l’héritage civilisationnel qu’elle a légué à la Tunisie. Carthage a fortement marqué notre histoire. Tout le monde se focalise sur le règne des Romains, mais la Tunisie a connu six siècles sous l’empreinte de Rome et autant sous Carthage », a souligné le directeur du Festival International de Carthage.
A ce titre, il a déploré le manque d’intérêt manifesté   à l’égard des lieux cultes antiques  à l’instar du  Temple d'Eshmoun classé au rayon des disparus et situé sur l'Acropole de Byrsa (connu uniquement par les textes), ou encore le port punique de Carthage, qui mérite une action profonde de restauration qui profiterait aux Touristes nationaux et étrangers a-t-il souligné en lançant  un appel aux historiens pour redorer le blason carthaginois.Parole fut ensuite donnée à Khaled Melliti qui a présenté une analyse  sur « La Constitution de Carthage » et le mode de gouvernance qui régnait à l’époque. Selon l’historien, Carthage n’a jamais été une démocratie au sens strict du terme. Il s’agissait plutôt d’une république à dominante oligarchique caractérisée par des institutions fortes. « Comme l’avait évoqué Aristote, Carthage se caractérisait par une institution mixte,  qui se déclinait en trois composantes : aristocratique, représentée à travers le sénat et son fameux tribunal des Cents, monarchique en la personne des Suffètes, le bras armé du pouvoir, et démocratique via l’assemblée du peuple », a souligné Khaled Melliti.« En somme, on peut dire que Carthage est une république, mais oligarchique, et en aucun cas une démocratie, du moins en dehors des codes de l’autorité. Au risque de sévères réprimandes », conclut l’enseignant.« Une démocratie inachevée »Ce fut ensuite au tour de Farah Hached de d’inviter l’assistance à  un long voyage depuis le Moyen-âge, jusqu’à nos jours, dans une odyssée sous le titre « La quête de la démocratie à travers le temps ». « La démocratie en Tunisie n’est ni une notion artificielle, ni un concept importé, mais découle d’un processus historique », indique la juriste.Après une énumération exhaustive des composantes de la démocratie l’intervenante  explique encore que : « La démocratie est un modèle qui varie selon le temps et l’espace, en fonction de la définition que l’on donne au terme peuple, appartenance religieuse, prérogatives qui lui sont attribuées, et celle que l’on alloue au pouvoir ».L’exploration de l’évolution du processus démocratique en Tunisie à travers les âges a conduit Farah Hached à rester sur un goût d’inachevé face à la fragilité  du  processus démocratique postrévolutionnaire en Tunisie  . Un voyage loin d’être fini, une démocratie encore inachevée.Pour sa part,  Sofiène Farhat, n’a pas  eu besoin de faire un aussi long trajet que Farah pour évoquer « La Constitution tunisienne ». En tout cas pas au-delà de l’époque remontant au concept de Joumhouria créé par Kheireddine. Même si : « La pratique démocratique est très ancienne, la Tunisie étant le premier parmi les pays en voie de développement qui a développé ses propres notions de modernisation, suivi plus tard par des géants comme la Chine », précise le journaliste.De constitutions récentes, au lendemain de son indépendance en 1956, la Tunisie n’en a connu que deux ; celle du 1er juin 1959, « La meilleure de son histoire », de l’avis de Sofiène Farhat, et celle du 26 janvier 2014.

Enfin, en tant que membre de l’ARP, Ahmed Seddik a été invité à émettre un avis, « personnel » tenait-il à préciser, sur le sujet de « L’ARP, frein ou moteur de la démocratie ? ». A ce titre, il a tenu tout d’abord à préciser que « Ce n’est pas le rapport de force à l’époque de l’écriture de la nouvelle constitution qui avait pesé, mais plutôt la pression de la rue où la mobilisation y était équilibrée ».
 
Les matinales de Carthage se poursuivront à l’Agora avec un programme de colloque et de réflexion avec la participation de penseurs, universitaires et spécialistes. 
CP
 
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