partage

Carthage 2017: Faia Younan, Une étoile est née au firmament des grandes cantatrices

Tout a commencé un certain jour de l’année 2014 quand elle a interprété  en duo avec sa sœur Rayhan« Li Biladi » un titre qui a fait exploser la toile avec un nombre de vues incroyable sur You Tube dépassant même la barre des quatre millions. Faia Younan est en effet l’incarnation de la nouvelle icône  de la chanson arabe qui a su répondre aux gouts d’une jeunesse arabe assoiffé d’un renouveau musical  et d’une   nouvelle image de la star arabe,  à travers laquelle ils peuvent s’identifier.

Faia Younan  a réussi en très peu de temps à séduire ce  publicdifficile et rebelle en lui offrant une thématique d’actualité, qui parle de sa quotidienneté, qui reflète sa sensibilité et qui répond à son besoin légitime de se libérer des stéréotypes et des images désuètes . Sa musique, ses rythmes, sa poésie, son énergie, et sa beauté sont de grands  atouts à l’origine de son succès fulgurant qui va en crescendo.

Au cours de sa soirée organisée samedi 16 juillet 2017 au théâtre de plein air de Carthage, dans le cadre de la 53ème édition du Festival International de Carthage, Faia Younan a démontré son immense potentiel vocal  avec un timbre d’une rare préciosité qui nous rappelle les plus grandes des grandes divas de ce siècle en l’occurrence Fairouz. Et à l’instar des nombreuses voix qui se sont révélées à Carthage pour devenir plus tard des stars avérées, Faia Younan a gravé en lettres d’or son entrée au peloton  des seigneurs qui règnent au royaume de la Chanson arabe en consacrant la vocation du Festival International de Carthage dans sa dimension d’incubateur des étoiles.

Devant un public déjà conquis qui connait par cœur ses chansons, Faya Younan était comblée de joie, et heureuse  comme un enfant séduit par la magie du décor. Décontractée et confiante en ses capacités artistiques, cette Faia a ouvert la soirée par une  sublime complainte pour enchainer avec les beaux de ses titres dont les fameux tubes « BaynetnaBaher », « Li fi Halab », « Tazannar Bi itri » et tant d’autres chansons repris en chœur par le public dans une belle fusion et remarquable complicité. Faia Younan, artiste jusqu’au bout des ongles a tenu sa promesse de surprendre son public de ce soir en lui offrant une interprétation magistrale de la chanson culte de notre chanteur national,  feu HediJouini : « HobbiYetbaddalYetjaddad » dont l’écho a été retentissant sur un  public fasciné par son idole. Mais le clou de la soirée fut sans aucun doute l’hommage rendu à notre poète national feu SghaierOuledAmed à travers l’interprétation de son poème « Ouhebbou Al Bilada Kama La youhebbouhaAhad ».


Le clou de la soirée, car Faia Younan a pour le moins excellé, touché le public au plus profond de son être en transformant ce poème d’une extrêmement fort et troublant en un hymne panarabe en ces temps difficiles. Avec cette chanson de SghaierOuledAmed, écrite en Tunisie et composé en Syrie comme l’a si bien résumé Faia, cette chanson est venue confirmer la naissance d’une grande cantatrice dans la pure tradition orientale.

A partir de la scène du théâtre romain de Carthage Faia Younan entame le périple des étoiles dans le firmament du succès qui ne manquera pas de se construire titre après titre. Son timbre vocal très particulier, son identité musicale authentique, son attachement aux grandes valeurs humaines et l’amour qu’elle porte à la Syrie meurtrie qui lui ont valu sa notoriété sur les réseaux sociaux étaient au menu de la soirée du samedi. Faia, la fille d’Alep a conquis les enfants de Carthage comme l’a fait dans un passé très lointain mais toujours vivace une certaine Elyssa dont nous sommes probablement  les heureux descendants. Une belle soirée où la poésie était très contagieuse.


 
L’amour incommensurable qu’elle voue à son pays meurtrie,  son engagement pour les causes justes et nobles  qui lui ont valu un statut particulier dans le paysage musical arabe
 
 Carthage lui  réserve  cette année une place de choix, en signe de révérence à sa passion et son talent distinguée.