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El Madha de Hmida Jarray au théâtre romain de Carthage : Le chant profond des hommes en transe

La scène du théâtre romain de Carthage a vibré hier soir,  15 juillet 2017,  aux rythmes des bendirs et des chants des hommes en transe, à l’occasion du spectacle El Madha de Hmida Jarray sous  une  direction musicale de Saber Mzahi, avec une scénographie de Sabri Atrous et une  chorégraphie de Hamadi Hsoumi.

 

El Madha est  un voyage musical initiatique sublime à travers le patrimoine national des chants confrériques  de la région de Kairouan et du Sahel. Il s’agit en effet d’un travail en profondeur engagé par Hmida Jarray sur le corpus combien même immense et complexe des expressions confrériques de ces deux régions de la Tunisie pour mettre en relief les spécificités locales de ces expressions confrériques qui s’enchevêtrent et trouvent souvent leurs échos au-delà même du pays.

En partant de ce corpus local, Hamida Jarray a d’abord  réussi à sauvegarder un héritage fragile et menacé par le déferlement des nouveaux modes d’expressions culturelles. Les chants confrériques sont liés à des pratiques très anciennes. Elles participent à la gestion de la cité et à la régulation de ses mutations à travers le temps. Toutefois, son caractère fondamentalement oral fait d’elle un support délicat, altérable voire éphémère, d’où le caractère culturellement  stratégique de ce genre de spectacle.

Deux heures durant, la troupe de Hmida Jarray a titillé la mémoire d’un public connaisseur et attentif, qui a su répondre merveilleusement au travail des artistes. Les rythmes des Bendirs se sont mélangés à des sonorités musicales profondes  et aux chants des hommes en transe. Le moment était fort mais magique, car les chants confrériques ont transporté l’assistance dans un autre espace-temps où la matérialité cède la place à l’exubérance des sens dans un mouvement  toujours transcendantal. La soirée  était rythmée  par les bendirs qui battaient la mesure à des chanteurs initiés qui ont brillamment réussi  à restituer des airs puisés dans le corpus de la région de Kairouan et du Sahel où c patrimoine confrérique est encore préservé.

Sur scène, une troupe immense en costume traditionnel, des musiciens inspirés, des chanteurs  dans un état mystique et des femmes en transe extatique.   Des  d’images inspirées de l’art musulman  se déroulent sur un grand écran comme pour délimiter l’espace-temps et transporter le public là où il est invité : l’univers de la spiritualité.

 

Dans cet univers où le recueillement est  une grâce, les chanteurs sont les maitres de la cérémonie qui sculptent par leur voix profonde le relief des lieux ainsi que son esprit. Ces maitres de cérémonies étaient bien présents ce soir-là et faisaient partie de nos meilleurs interfères. Jacim Amer  Alefrit, Moez Zaitoun, Noureddine Béji,  Sassi  Boulaoued, Samir Chelbi, Ahmed Zaitoun, Moôtez Bouazza, Mehdi Kerkeni et  Salah Ltaief étaient les dignes représentants des hommes de Kairouan et du Sahel qu’ils ont honoré par leurs chants mystiques.

Une soirée inoubliable et un spectacle haut en couleurs et en sonorités qui représente l’aboutissement d’une recherche laborieuse sur les expressions soufi de la région de Kairouan et du Sahel,  élaboré avec des techniques de représentation moderne.

 


 
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