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Le projet de l’unité d’Acide Phosphorique Purifié de Gabes : Y-a-t-il des lobbys derrière le Statu quo ?

La région de Gabes dispose d’un potentiel industriel très fort mais son  exploitation reste en deçà des aspirations de sa population et d’une Tunisie fragilisée par six années de turbulences politiques et d’agitations sociales. Les nouveaux projets lancés dans le cadre de l’exploitation judicieuse des ressources régionales et du redressement de l’économie nationale et qui ont bénéficié de l’accord du gouvernement sont nombreux, mais la plus part d’entre eux sont toujours en souffrance et risquent  de finir dans les oubliettes d’une administration à la fois sourde que muette. A titre d’exemple, le projet de création d’une unité d’Acide Phosphorique Purifié (APP),  confié au  Groupe Chimique Tunisien,  afin d’ouvrir de nouvelles  horizons de développement à la région de Gabes et d’y  résorber le chômage. Depuis la décision prise  dans le cadre du conseil ministériel  restreint  tenu le 25 juin 2015,  ce projet novateur et d’une plus-value plus que certaine  peine à avancer,  en dépit de toutes les urgences.

Aucune explication ne peut être acceptée  quant aux raisons de l’immobilisme de l’administration en charge de la réalisation de ce projet  tant attendu par la population locale car propre et à forte intégration régionale. Rappelons le, ce projet  est destiné à  la fabrication d’engrais totalement soluble dans l’eau, utilisé pour l’irrigation goutte à goutte, une technique dont l’utilisation est indispensable  en Tunisie, pays  le moins pourvu en ressources hydrauliques en  méditerranée. Ce projet qui  porte  l’espoir de toute la région a pour objectif aussi,  la fabrication des sels nobles, le développement de la chimie fine en Tunisie, la promotion du secteur alimentaire et de l’industrie de la fermentation ainsi que le développement de l’industrie des détergents…

Mais notre propos ne tend pas à  démontrer l’importance de l’Acide Phosphorique Purifié  (APP) dont les multiples atouts sont plus qu’évidents aujourd’hui et de surcroit  largement  connus  des spécialistes. Notre objectif  est de souligner  contribution colossale d’un tel projet à l’essor  de notre économie et  son apport à la promotion de notre agriculture qui a besoin plus que jamais de l'irrigation au goutte-à-goutte, pour remédier à l’aridité, aux  fluctuations de la pluviométrie et à la baisse des réserves hydrauliques. Outre ces considérations stratégiques, ce projet  participe  la politique générale du pays  visant à infléchir la courbe ascendante du chômage,  par la création de plusieurs centaines de postes d’emploi direct. Ce qui en soit, constitue un challenge.

Pourtant, et en dépit de toute cette argumentation, outre la décision émanant du conseil ministériel restreint du 25 juin 2015, ordonnant l’exécution de ce projet, l’administration semble ignorer  l’importance de ce  projet de grande plus-value, propre et à fort potentiel d’emploi. Et c’est là où le bât blesse. Dans un pays rongé par la corruption et les pouvoirs occultes qui existent au sein même de l’administration nationale -le chef du gouvernement l’a bien souligné dans sa dernière interview diffusée sur Al Wataniya 1-  nous sommes en droit de  nous poser les questions qui font mal : A qui profite cette mise en souffrance de ce projet ? Existe-t-il de lobby qui profiterait du statu quo ? Cherche-t-on à écarter  ceux qui en étaient à l’origine, pour avoir touché, même sans le savoir,  aux intérêts de certains barons de cette industrie ? Personne ne peut taire les revendications des gabesiens notamment, tant que ce projet reste bloqué par le Groupe Chimique qui est   censé mener à bout la  réalisation de ce projet  au profit de la Tunisie et des Tunisiens.

Force est de signaler que la License du procédé (APP), appartient actuellement à une entreprise Italienne qui s’appelle Tenova. L’entreprise Tenova a racheté Batman depuis quelques années (avant 2012) et à l’époque Batman a développé la licence du procédé de purification de l’acide phosphorique. D’ailleurs le développement, à l’origine, a été mené dans les laboratoires du GCT à Gabès, il y a environ une vingtaine d’années.

Rachid Slama


 
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