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La nouvelle Constitution, c'est pas pour demain

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Publié le 03/08/2012

 

Il y a des moments où, comme de nombreux Tunisiens, je me demande s’il est raisonnable de croire à toutes les dates qu’on nous avance pour la fin de la rédaction de la Constitution, pour les élections législatives (et éventuellement présidentielles), pour les élections municipales aussi, etc. Je suis presque sûr que ceux qui avancent ces dates n’y croient pas eux-mêmes, mais politique oblige, il doit en être ainsi ! Cependant, je m’étonne que parfois certains citoyens croient en ces promesses et prennent pour argent comptant tout ce qu’on leur dit. Pourtant, que de fois on leur a promis des choses qui jusqu’à présent restent lettres mortes ou presque.

Passe sur les promesses du président (pas aussi provisoire que certains croient, ni lui ni les autres d’ailleurs), qui avait sillonné le pays emplissant d’espoir une population débordant d’une attente enfiévrée par trop de propos complaisants et très peu réalistes, mais qui savait ne rien pouvoir y faire. Au point que certains ont mis cela sur le compte d’une stratégie de rééquilibrage des rapports de force en sa faveur à l’intérieur de la troïka.

Au milieu du printemps dernier, le président de l’ANC promettait la mise en place des instances supérieures (pour les élections, la justice et la communication audiovisuelle) avant la fin du mois de mai. Or nous voici en août, face à l’impossibilité de trancher la question de l’Instance de la justice, à l’ignorance systématique de la question des médias audiovisuels (sauf à certaines occasions contraignantes) et au report de ce que serait l’ISIE pour la fin du mois d’août.

Par ailleurs, le grand débat est intelligemment tourné du côté des réparations des injustices du passé, comme si rien ne pouvait se faire dans le pays sans trancher cette question, certes importante pour le principe mais guère de première urgence.

Finalement, la grande oubliée de notre actualité est bien la question la plus urgente et la plus brûlante, celle de la Constitution. On parle même d’un retour sur ce qui aurait été admis par consensus ! Pourquoi voulez-vous que nos élus et nos gouvernants se pressent à clore la période de transition, désormais qu’ils sont bien en place pour des programmes qu’ils nous donnent pour plusieurs années et des nominations quasi-généralisées à tous les niveaux de l’administration. Bien plus tard que prévu, quand la machine sera toute prête pour de nouvelles élections bien commandées, on désignera une instance pseudo-indépendante pour les élections (plus maîtrisable que la précédente) et on sortira une constitution conforme à ces orientations et aux ambitions qu’elles expriment.

Pauvre poule de Tunisie, le Blé de Béjà que tu attends est peut-être remis aux calendes grecques !

Ce n’est vraiment pas pour faire mauvaise langue ou pour verser dans la « critiquerie » ; mais le spectacle de notre situation politique aujourd’hui ne laisse place qu’à ce genre de « gloserie ».

Mansour M'henni
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