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Les leçons d’un congrès : Ennahdha, le RCD et les autres !

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Publié le 17/07/2012

 

« On ne parle plus que du congrès d’Ennahdha ces derniers jours, se plaint-on par-ci par-là, à croire qu’on est en plein dans le paysage médiatique de l’ancien régime ! »

N’est-ce pas normal que tous les feux des projecteurs soient fixés sur cet événement qui, faute de nous combler de promesses crédibles, nous aura remplis d’enseignements dignes de toute notre attention !

Le plus curieux dans l’attitude des uns et des autres, c’est qu’ils cherchent à faire fonction de donneurs de leçons au Mouvement, à coup de critiques finissant souvent, tout de même, sur une note nettement atténuée. Pourtant, ils savent tous que leurs critiques et leurs leçons n’ont d’autre rôle que de remplir certains espaces médiatiques (avant le mois de Ramadhan) et que le Mouvement se sent assez fort de ses moyens et de ses instruments pour jouer le jeu de la communication en finissant toujours par faire ce qui est de son propre ressort et de sa propre conception.

Néanmoins, pour peu que l’on se concentre, avec la distance qui se doit, sur le déroulement de la chose politique dans le parti de la majorité, on ne peut que se rendre à l’évidence : il ne fait que fonctionner comme un grand parti qui est au gouvernement et qui doit veiller, en cette période heureuse, à se doter des moyens et des instruments idoines pour consolider encore plus sa position, pour renflouer ses caisses et renforcer son pouvoir. Il paraît que tous les partis du monde font de même, y compris dans les démocraties classiques (entendez, l’Amérique). Ainsi parla le philosophe du parti qui s’est dit sans parti, mais assez convaincu que le parti au pouvoir a le droit de mettre la main sur l’administration, « comme en Amérique », ajouta-t-il.

Eh ! Oui ; Je vous entends déjà, comme lu sur facebook, vous écrier que ce sont là les chefs d’inculpation pour lesquels on avait dissout le RCD ! Et alors, vous ne saviez pas que c’était une opération nécessaire pour l’implantation d’un nouvel RCD ? Vous êtes alors aussi naïf que toute notre opposition qui ne fera, paraît-il, et comme elle l’a déjà fait à cette occasion, que chauffer le feu pour le repas d’Ennahdha !

Sachez seulement qu’Ennahdha ne fait qu’agir comme un parti convaincu de ses opportunités présentes, un parti qui a la logique ambition d’occuper le vide que les autres ne peuvent remplir. Si par moments ce vide lui paraît plus large que ses moyens présents, il en louera les coins les moins commodes aux agents ou partis de service, en attendant de les faire éclater, les premiers quand il le faut, aussi facilement qu’il en a fait ce qu’ils sont, pour prendre pied entièrement sur le terrain conquis et s’occuper convenablement des plus insoumis.

La réalité est sans doute dure à reconnaître, pour certains, mais il en est ainsi : Ennahdha est un vrai parti politique, très bien structuré et sachant clairement où il va, même si parfois il donne des signes, souvent trompeurs, d’une quelconque fragilité. Tous ses responsables parlent au moins de dix ans de pouvoir et ils ne doivent pas le dire sans conviction. Sur une telle période, il croit pouvoir avoir le temps de faire de la Tunisie le pays qu’il veut ; et pour se faire, il a réussi l’essentiel : faire que tous les autres acteurs politiques, les partis surtout, ne se définissent, ne se situent et n’établissent de stratégies que par rapport à lui. Du coup, il peut les mener où il veut, les malmener même, en ne perdant jamais de vue son objectif essentiel : cultiver son jardin.

Mansour M'henni
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