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Mouvement des présidents et remaniement du gouvernement

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Publié le 16/07/2012

 

Décidément, rien n’a changé dans les vieilles traditions des rumeurs politiques. Avant, le début du mois de juillet était le moment fort de toutes les spéculations sur les limogeages et les nouvelles nominations politiques, ce qui permettait, semble-t-il, aux gens du Palais de se faire une petite idée sur les réactions de la rue et, au besoin, de rectifier le remaniement prévu, allant parfois, en cas de manque de visibilité, jusqu’à l’annuler. Ou alors, ce serait la rue qui serait dans le besoin d’un remaniement et qui l’ébruiterait à tout vent, dans l’espoir qu’il parvienne aux oreilles du (des) décideur(s) et qu’il fasse son effet.

Mais cette année, on est en présence de trois palais dont aucun peut-être n’a l’attribution du remaniement. Seul le Grand Président peut se le permettre parce qu’il a la présidence qui commande les trois présidents. Or voilà qu’il a fait planer dans l’air un éventuel remaniement, laissant les uns et les autres branchés sur la question, pendant que l’essentiel se déroulerait hors de leur vue.

On a encore en mémoire cette nouvelle équipe gouvernementale sortie des tiroirs des réseaux sociaux en pleine nuit d’un jour de visite du Premier ministre au Maroc. Ce jour-là, n’étant pas insensibles au détail, nous avions écrit qu’une telle rumeur, aussi fantasque soit-elle, est à prendre au sérieux par les décideurs parce qu’elle dénote à la fois d’une exaspération et d’une attente publiques.

Or voici que depuis les propos du Cheikh, annonçant un éventuel remaniement, on commence déjà à nommer de nouveaux ministres, dont Radhia Nasraoui pour l’Environnement. En fait, cela n’est pas gratuit car cela s’inscrit dans la transformation du nom du parti de son mari, que d’aucuns avaient ressentie comme un petit virage permettant de nouvelles souplesses, avec peut-être une certaine odeur de complicité !

En tout état de fait, le président du gouvernement, Hamadi Jébali, a confirmé l'imminence d'un remaniement et déjà Nidaa Tounès et Al-Joumhouri ont annoncé ne pas y prendre part.

Pendant cela, les deux autres présidents s’affairent, chacun à sa manière, comme des fourmis qui se dotent de provisions nécessaires pour la prochaine saison électorale. Le président transitoire de la République, on l’avait dit, se la coule bien douce dans son périple estival qui donne plus l’impression d’un voyage de vacances que d’un voyage d’action. Certaines mauvaises langues n’hésitent pas à dire que pour ce qu’il a à faire dans le pays, le président n’aura rien raté dans sa tournée. Cependant, son voyage en France paraîtrait comme un passage de vérification et d’évaluation de la visite du président de l’ANC, à l’occasion du 14 juillet.

Quant à ce dernier, justement, on ne sait plus si ses mouvements se font en sa qualité de constituant ou de président d’Ettakattol. En tout cas, il s’est bien acquitté de sa tâche essentielle en pointant haut et fort au 9° congrès d’Ennahdha, faisant même gloser sur le prochain candidat d’Ennahdha à la prochaine élection présidentielle. Pour rien au monde, il n’aurait raté cela, d’autant plus que l’essentiel semble s’y jouer. Par la suite, en toute logique, c’est l’ami François qu’il faut aller satisfaire là-bas, cet autre « chez soi », pour son premier 14 juillet présidentiel. Pour les autres fêtes, un saut à leur ambassade a toujours suffi, fût-ce la fête des USA. En effet, comment oublier le cadeau du gouvernement français qui a répondu favorablement à la désignation d’un enfant du parti de Ben Jaafar pour le poste d’ambassadeur de Tunisie à Paris.

Remarque importante, rien de particulièrement criant dans les médias autour de cette visite ! S’agirait-il de ne pas fâcher le président de la République, quelques jours à peine après qu’on l’a ramené à de meilleurs sentiments, au moins en apparence ?! Fort probable, ce serait alors de bonne guerre.

Au fait, on a l’impression, ces derniers jours, que la Tunisie est devenue une grande machine à calculer, pour les uns et pour les autres, mais ne calculant nullement pour ce qui est le plus urgent à calculer, les échéances fixées pour la clôture des travaux sur la Constitution et pour les rendez-vous électoraux qui doivent lui succéder !

Mansour M'henni
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