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Les dessous de la nomination du nouvel ambassadeur de Tunisie à Paris

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Publié le 07/07/2012

 

Finalement, après une longue vacance du poste d’ambassadeur de Tunisie auprès de la République française, on a fini par trouver un accord sur un profil satisfaisant pour les deux parties certes, mais, abstraction de cela, un profil disposant d’une expérience et d’un niveau de formation à même de lui donner les moyens idoines de réussir dans sa mission. A l’occasion, on ne pourrait que s’en réjouir et féliciter l’heureux élu et son parti, Ettakattol.

Our l’essentiel, Adel Fekih, cet enfant d’une ville agricole du Sahel, la ville de Teboulba (une ville à gagner aussi du point de vue de la stratégie politique), est un économiste, diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris (European Executive MBA2008-2009) et de The Ohio State University (Columbus, USA) 1990-1995 (Master of Science in Agricultural Economics (Agribusiness Management) et Bachelor of Science en Industrial and Systems Engineering)
Dès son jeune âge, il a baigné dans l’environnement La diplomatie ne lui est pas totalement étrangère puisque son père a exercé de longues années en tant que fonctionnaire des Nations Unies, amené ainsi à résider dans un plusieurs pays africains.

M. Fékih a débuté sa carrière au ministère de l’Industrie, faisant partie de la première équipe du Bureau de Mise à Niveau qui a initié le programme national de développement de la compétitivité des entreprises industrielles et de services. En 2008, il décide d'entreprendre un Executive MBA à l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris et de fonder Creova, une société innovante spécialisée dans le paiement par mobile et qui lancera plus tard le service mDinar en Tunisie et un service similaire au Liban.

Voilà donc des compétences multiples pour un poste nécessitant un miroir tournant à même de s’adapter aux circonstances aléatoires et de répondre aux attentes variées.

De fait, nous savions que la première proposition du gouvernement Essebsi concernant Moez Sinaoui ne pouvait aboutir auprès d’un France qui ne savait quel président elle aurait ni quel gouvernement aurait la Tunisie. Il faut d’ailleurs s’attendre, comme déjà insinué, à un important mouvement diplomatique cet été.

Nous savions aussi que la proposition du gouvernement Jébali concernant Amer Larayadh ne pouvait aboutir, surtout avec un gouvernement socialiste et avec François Hollande en particulier. D’ailleurs nous avions signalé précédemment que le nouveau président français a des amis en Tunisie et des connivences politiques dont il n’est pas près de se départir. Au contraire il compte transiter par eux pour essayer de redorer le blason des relations Françaises avec la Tunisie de façon à leur donner les couleurs de l’époque, mais sans concession sur les valeurs civilisationnelles dont la France se considère, sans tort, parmi les principaux initiateurs. Nous avions parlé surtout de Néjib Chebbi et de Mustapha Ben Jaâfar.

Ainsi, l’acceptation de M. Adel Fekih comme ambassadeur de Tunisie en France ne peut s’inscrire que dans cette logique, fort confortée par ailleurs de la présence de M. Touhami Abdouli, lui-même d’Ettakattol, au secrétariat d’Etat des Affaires étrangères pour l’Europe. Ce que les membres du gouvernement de ce parti, peut-être aussi le parti de son ensemble, c’est le rôle qu’ils sont appelés à jouer dans cet ordre d’idées pour leur parti et pour leur pays. Cela est pourtant possible, pour peu que le président de ce parti daigne retrouver ses valeurs d’antan, celles-là mêmes qui lui ont permis d’être élu le 23 octobre 2011 et qui pourront peut-être ressouder Ettakattol et lui redonner une cohésion et un poids à même de consolider son effet sur le cours des choses en Tunisie.

Mansour M'henni
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