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Hamadi Jébali a-t-il crevé les pneus de Marzouki ?

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Publié le 30/06/2012

 

La voilà donc cette séance de l’Assemblée constituante consacrée à la crise provoquée par l’extradition de Baghdadi Mahmoudi ; car crise il y avait (il y a toujours peut-être) depuis ce dimanche 24 juin 2012 où un branle-bas de combat s’est déclenché dans la présidence provisoire de la République, tirant d’abord sur le président du gouvernement, par collaborateurs interposés, et développant une logorrhée accusatrice et auto-défensive, à l’intérieur du cercle même des trois partenaires du pouvoir où le troisième côté du triangle a paru en trait fin à peine perceptible (stratégie oblige, sans doute).

Au-delà du jargon juridique qui a sous-tendu le discours du chef du gouvernement et certaines rares interventions, on a pu voir encore une fois une Assemblée peu concentrée sur l’essentiel, trop peu organisée pour le respect dû aux citoyens, même dans la perspective des élections prochaines qui semblaient régner sur le paysage. En tout cas, Hamadi Jébali avait bien préparé son examen et bien rédigé (ou fait rédiger) son devoir, ce qui a contrasté avec la précipitation de la présidence, dimanche, à sortir des déclarations qui, rationnellement et dans la logique de la coalition (qui est forcément co-implication et responsabilité partagée), aurait pu relever du linge sale qui doit être lavé en famille.

En effet, le peuple n’a pas voté pour une troïka, celle-ci est une combinaison qui lui a été imposée au nom d’une certaine démocratie, discutable mais utilisable. Donc s’il y a des problèmes de ménage, ce ne sont pas ceux du peuple qui attend du concret et non des disputes infantiles. Mais si l’accord n’est plus possible, il y a toujours le retrait du (des) mécontent(s).

En tout cas, c’est ce que Hamadi Jébali n’a pas manqué de souligner à la fin de son allocution en dénigrant franchement la présidence dont il a souligné, en plus de la précipitation un peu quelconque, une vraie irresponsabilité à crier à la crise de la gestion des présidences. Du coup, le problème n’est plus celui de l’extradition ou non, au nom de certaines valeurs d’humanités ou d’autres d’intérêt national ; c’est juste un problème de butin du pouvoir et de volonté de puissance. D’ailleurs, ce qui en a découlé et qui a touché la Banque centrale a confirmé cette vision des choses et a montré surtout que la boussole de la présidence est peut-être déjà quelque peu désorientée, menacée d’un effritement imminent de son équipe (deux démissions étant déjà enregistré sans parler d’un collaborateur complètement déboussolé en apparence).

Est-ce à dire que Hamadi Jébali (et son parti, pour son parti) a marqué le premier but précieux du match contre un adversaire qui ne semblait pas de taille, mais qui, par sa tactique de casse, peut fausser le match et perturber les cartes ? Dans ce cas, Marzouki doit bien chercher plus d’une roue de secours s’il compte aller jusqu’à la fin de la course.

 

 

  

Mansour M’henni
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