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Tunisie : l’UGTT cette autre planche de salut

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Publié le 21/06/2012

 

Les initiatives de salut public se succèdent ces derniers temps, s’excluant parfois les unes les autres au nom de je ne sais quelle banalité ou de déjà vu, alors que la raison voudrait qu’on soit à l’écoute de toute proposition dont l’objectif serait la contribution à un déblocage du processus de transition démocratique et à un redressement de la situation économique et sociale dans le pays. D’évidence, un sentiment d’écorché vif ronge les cœurs et les esprits de la plupart de nos politiciens, les rendant allergiques à toute redynamisation de l’émulation politique saine telle que préconisée par une vraie démocratie

Il est heureux cependant qu’un certain consensus, ou un semblant de consensus, se cristallise autour de l’initiative de l’UGTT, pourvu que l’adhésion à cette démarche ne soit pas elle-même motivée par une quelconque tendance à en tirer profit pour les prochaines échéances électorales, sous couvert de participation à un cadre d’engagement pour l’unité nationale et l’intérêt commun. Car, parfois, on a le sentiment que les acteurs politiques, chez nous, se disent en leur for intérieur : Va pour l’UGTT, mais pas pour un rival.

Je me souviens avoir écrit, à l’occasion du dernier congrès de l’UGTT à Tabarka, que l’issue de ce congrès était capitale tant elle pouvait déboucher sur un bureau pro-gouvernemental, ce qui aurait été catastrophique et meurtrier pour la démocratie, surtout après le coup de la troïka, comme il pouvait donner un bureau indépendant, exclusivement syndicat, déconnecté mais non désintéressé de tous les tiraillements politiques (j’allais dire : un peu comme notre armée ; mais en définitive, la comparaison ne tient peut-être pas !). Heureusement, c’est cette seconde formule qui a prévalu et eu le dernier mot et, ma foi, c’est tant mieux pour la Tunisie.

Depuis ce congrès et pour l’essentiel des questions, l’UGTT a joué son vrai rôle d’équilibrage des pouvoirs et sans son rôle, cela ferait longtemps que le rêve d’une vraie transition démocratique aurait été enterré. C’est pourquoi aujourd’hui, et jusqu’à rétablissement complet des structures de l’Etat et de ses institutions et jusqu’à réhabilitation de l’administration tunisienne et des cadres du pays, l’UGTT reste le seul baromètre fiable de notre évolution vers les ambitions de notre peuple et les rêves de nos générations futures.

On peut ne pas être d’accord sur certaines orientations de l’initiative de l’UGTT, mais on ne peut rester en dehors de leur cadre qui constitue la vraie plate-forme du débat qui nous doit nous mobiliser aujourd’hui et qui est en passe d’engager une nouvelle étape de notre destin. En plus, opter pour un tel débat au sein ou autour de l’UGTT offre aux Tunisiens l’opportunité d’une autre perception des choses, d’un autre angle de vue, après le déséquilibre flagrant qui a altéré parfois l’innocence et l’équité des débats sur des questions fondamentales.

Il reviendra cependant aux modérateurs des débats, dans ce cadre, d’éviter une certaine cacophonie qui a caractérisé d’autres cadres de discussion politique et de rester ainsi fixés sur l’essentiel, éludant sans hésitation les superficialités, les signes d’animosité et les tentatives de récupération. Nous pensons qu’ils en sont capables et nous attendons de voir avancer les choses dans ce sens.

 

Mansour M’henni
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