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Mustapha Kamel Nabli : les dessous d’un départ annoncé de la BCT... à l'appel de BCE

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Publié le 28/05/2012

 

Mustapha Kamel Nabli est depuis quelques semaines au centre de nombreuses rumeurs qui font l’effet de semi-informations ou de semi-démentis. Il serait sur le départ depuis et on serait en train de lui trouver un remplaçant. Evidemment le nom de M. Moncef Cheikhrouhou était dans le vent, surtout que cela coïncidait avec ses fréquentes apparitions sur des télévisions tunisiennes et françaises comme un expert en économie et finances, ce qu’il est effectivement, sans aucun doute, en plus de sa qualité de membre de l’Assemblée nationale constituante.

Pourquoi le départ de M. Nabli ? Plusieurs motifs sont avancés, plus ou moins crédibles, plus ou moins convaincants. Cependant, le grand reproche qui lui serait fait, c’est d’abord d’être trop transparent et trop indépendantiste pour une période de transition qui aurait besoin de beaucoup de souplesse et de certaines discrétions financières que l’on compenserait bien par un excès d’indiscrétions politiques. Stratégie de crise, cela s’entend ! Mais c’est ensuite, et c’est semble-t-il le plus impardonnable, c’est d’avoir refusé de tirer de nouveaux billets de banque pour pallier certaines insuffisances financières pour des urgences jugées prioritaires. Tant pis si cela peut avoir plus tard des retombées indésirables sur l’économie nationale ; on y verra plus clair à temps et on trouvera toujours une solution.

Ce week end donc, comme on a l’habitude que les destitutions et les nominations « à risque de contestation » viennent souvent le week end, on est allé sans précaution dans la spéculation sur le limogeage du Gouverneur de la BCT et sur son remplacement par M. Moncef Cheïkhrouhou. La décision aurait été prise dans une réunion tripartite de la troïka et ce serait alors la seule vraie décision en accord parfait au sein du triangle gouvernemental, autrement œdipien. Mais aucun communiqué officiel sur la question, l’ANC siègerait pour officialiser ! En serait-on arrivé à ce point où le vrai décideur serait acculé à officialiser des décisions déjà prises ! Dans ce cas, on le ferait juste pour contourner la question de l’indépendance du BCT ; après, on s’arrangerait mieux avec cette indépendance.

A la limite, tout cela pourrait passer comme étant dans l’ordre des choses n’était une information (vraie ou fausse, on verra mieux quand les informateurs de source informeront les médiateurs de l’information) selon laquelle il s’agirait d’un limogeage de M. Nabli « pour manquement à l’intérêt de la patrie et à l’initiation de démarches pouvant relancer son économie ».

Si on en arrivait là, ce serait catastrophique pour toute dimension humaniste de notre système (à supposer que nous en ayons un par ces derniers jours qui courent) et ce serait fort suspect dans l’ordre de gestion de la concurrence politique en démocratie, tel que nous prétendons le construire et l’entretenir. En effet, M. Nabli est une compétence internationalement reconnue dans son excellence et son intégrité et personne, jusqu’au jour d’aujourd’hui, n’a pu lui dénier ces qualités. Encore moins remettre en question son patriotisme et son engagement à servir pleinement l’intérêt de son pays sans calcul d’épicier ni stratégie d’intérêt personnel. De grâce donc, vous pouvez le remercier ou le congédier, comme il vous plaira de le faire ; mais ne vous attaquez pas à la qualité de l’homme, vous en cueillerez peut-être un brin de ridicule et une incontestable part de malhonnêteté de jugement.

Il est vrai que ces temps qui courent sont ceux de tous les discrédits et d’abord ceux des compétences de l’administration tunisienne ; cependant, il faudrait peut-être avoir la décence de ne pas aller au-delà de certaines limites. Nous en prévenons d’avance (s’il n’est pas trop tard), afin d’aider à éviter l’impensable.

Mais aussi afin d’éviter ce qui est déjà dans les coulisses de certains milieux :

On aurait fait (ou on serait sur le point de faire) tout cela avec M. Nabli pour lui couper l’herbe sous les pieds, à lui et à tous ceux qui pourraient trouver en lui un candidat possible pour d’importantes échéances électorales d’avenir. Ainsi, M. Nabli serait dans la perspective sérieuse d’un ralliement à l’initiative de Béji Caïed Essebsi. Du coup, le meilleur moyen, semble-t-il, pour contrer cette perspective serait de coller à ce Monsieur, autant que faire se pourrait, le défaut d’un antipatriotisme attesté par son limogeage de la Banque centrale de Tunisie.

Trop de calcul de tous les côtés, peut-être même que cet écrit, ici conduit, obéit lui aussi à un certain calcul ?! La meilleure parade, alors ? C’est, pour le lecteur, le citoyen, une intelligence alerte et un jugement éclairé en pleine sérénité. Là est la porte d’entrée dans la démocratie en pleine liberté.

Mansour M’henni
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