Afficher la navigation

Porno­graphie de classe

Envoyer cette page
Votre nom
Votre e-mail
E-mail destinataire
Message
Publié le 31/03/2012

Cette conversation qui peut paraître surréaliste pour le profane, j’y ai participé plus souvent que ce qu’on pourrait penser : avec des collègues de travail durant une pause où elles refont le monde, avec des inconnues chez la coiffeuse, toutes celles qui défilent chez moi pour faire des ménages… et je vous prie de croire qu’il n’est pas question d’une paire d’ailes contrairement à ce que les métamorphoses façon Disney suggèrent. Ce que certaines femmes tunisiennes sentent pousser quelque part entre la cicatrice datant de la dernière césarienne et les genoux tant abhorrés par Coco Chanel c’est un objet contre nature participant ordinairement de la physionomie masculine et exhibé fièrement comme l’emblème de la fierté nationale dans tous les musées (allez faire un tour au bardo pour vous rassurer sur la nôtre.)

Hallucinations collectives, chirurgie psycho-esthétique, mutation génétique ou conséquence inévitable du réchauffement climatique ces …ailes qui redessinent, défiant Mère Nature, le temple de Vénus?
 
Il faut dire que si le phénomène, bien tunisien, a toujours existé chez nous, je vous épargne là-dessus les propos de ma grand-mère une créature fortement et solidement ailée qui n’hésitait pas à attraper une souris avec la main pour l’étrangler si elle avait le malheur de se hasarder dans sa cuisine. Il n’a cessé durant ces 20 dernières années de prendre de l’ampleur manifestement à cause du Code des statuts personnels. En effet, coupables d’avoir acquis des droits réservés à la gente masculine et de déserter le sacro-saint foyer conjugal pour aller disputer aux hommes l’espace public ainsi que les opportunités de travail, nous ne cessons d’expier ce crime grâce à une abnégation exemplaire.
Si c’est boulot, dodo pour les hommes (dans le meilleur des cas si on n’intercale pas dedans un bobo du type petite virée extraconjugale) c’est boulot, fourneau, KO pour les super women qu’on a décidé d’être pour espérer une absolution qui ne viendra jamais. Ainsi, évolution de l’espèce oblige, une femme qui soulève en moyenne 50 kilos par jour(entre bébé, paniers, le fameux sac à dos scolaire et les courses), qui conduit en moyenne de 2 à 3 heures dans les embouteillages, qui gère le budget familial et l’alimente, qui fait des ménages à longueur de journée pour un salaire de misère pour que sa chère moitié le dépense au café, qui remue des montagnes, peut, comme compensation, avoir le plaisir de savourer un avant-goût de la métamorphose imminente en appréciant l’augmentation et le développement de sa masse musculaire et ce dans tous les endroits qui s’y prêtent.

Depuis quelque temps le phénomène inquiète. Quelques femmes bien pensantes, désireuses de sauvegarder leur féminité ne savent plus où donner de la …tête. Certaines, défiant l’odorat et le bon sens se prennent pour des fleurs, des immaculées conceptions. D’autres, tentant désespérément de résister se sont vues contracter une nouvelle névrose : elles se sont imaginées qu’elles avaient, désormais, un sexe à la place du visage et qu’il fallait par conséquent le couvrir du voile de la pudeur. Comment font-elles pour se guider ? Elles n’y voient rien sous leurs voiles ! disent d’autres femmes qui n’ont aucun sens de l’orientation et encore moins de l’anatomie. Il est tout à fait plausible, mécréantes que vous êtes, qu’elles se couvrent le visage, pardon, le sexe puisque leurs yeux devraient avoir logiquement migré ailleurs, plus bas je veux dire…enfin…théoriquement si on poursuit le raisonnement diamétralement opposé, enfin plus au sud.
Bref, c’est dire à quel point nous avons plus que jamais du mal avec l’orientation en ce moment.

Ahlem Ghayaza
Note : 0 /10 - 0 avis
RÉAGIR À CET ARTICLE
Chargement de la page
Tunivisions.net