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SOMMES-NOUS AINSI ?

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Publié le 23/03/2012

J’ai eu l’idée d’écrire ces lignes en sortant d’une très belle soirée passée dans l’amphithéâtre de Carthage pour revoir une énième fois la pièce de Lotfi Abdelli “ Made in Tunisia ”. Je n’essaye pas de reprendre le titre de mon émission de télévision “ Ahna Hakka ”, mais je
m’interroge comme tous les Tunisiens qui regardent, depuis le début du Ramadan, les fictions télévisées.

 

Lotfi, dans son one-man-show, met le doigt sur plusieurs schizophrénies de notre société. Durant le spectacle, j’étais assis dans le public en  train de vivre ces schizophrénies en live. En effet, derrière moi, j’avais quelques bonnes dames (invitées sans doute) qui regardaient d’un air dégoûté tout en chuchotant de temps en temps : “ quelles histoires ! Nous ne sommes pas comme ça ”. Ce dénigrement atteignit son apogée lorsque Lotfi entama son sketch de la boîte de nuit.

 

Cette même situation, et ce même sentiment bizarre, je l’ai senti en lisant les commentaires de plusieurs internautes sur quelques-uns de nos articles, sur Tunivisions.net. Et, ils mènent tous à la même conclusion : les Tunisiens refusent l’image que donnent les artistes et les médias d’eux. Mais pourquoi ? N’est-elle pas vraie ? Ou est-elle exagérée ?

 

La réponse n’a pas tardé à m’être dévoilée. En effet, nous étions avec quelques amis artistes, invités à célébrer en after-show le succès de Lotfi dans un lieu hype d’El Manar. Et là, je me suis vu en train de revivre des moments du spectacle de mon ami, des scènes de “ Casting ” de Sami El Fehri et d’autres de “ Njoum Ellil ” de Medih Belaid.

 

À ce moment-là, je me suis trouvé face à un dilemme qui peut tirailler n’importe quel Tunisien venant d’un milieu conservateur comme le mien, où la famille et la morale prennent le dessus. Un tiraillement entre ce que m’ont inculqué mes parents et ce que j’étais en train de vivre, entre ce que refusent mes concitoyens et ce qui est la réalité des choses.

 

Sommes-nous ainsi alors ? Par constat, oui, nous le sommes. Voulons-nous rester ainsi ?
Je pense que selon ce que je vois des réactions, un grand non s’impose. Que faisons-nous pour changer les choses ? Rien. Ou juste l’autruche et insulter ces créateurs qui accusent et qui dénoncent les tares de notre société.

 

Finalement, peut-être que nous ne sommes pas ainsi, nous sommes pires.

 

Aidkom mabrouk !

Nizar Chaâri
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