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Mariem Ben Memi

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Publié le 03/04/2010

Gracieuse et fragile, elle a ce regard intérieur qui lui donne, à la fois, douceur et fermeté. Derrière ce souffle chaud se cache une jeune femme de 30 ans, blonde comme les blés et fraîche comme la rosée !
Elle est comme ça, Mariem Ben Memi, un troublant mélange de candeur, sensualité et maturité.  La jeune femme a fait étalage de son talent sur le petit et grand écran, dans les deux saisons du feuilleton “ Maktoub ”, (signé Sami Fehri et écrit par Tahar Fazaâ) qui la révèle au grand public, et où elle donnait la réplique à  Dhafer El Abidine.

 

Diplômée de l’Institut Supérieur des Beaux Arts de Tunis, elle se retrouve gérante d’une affaire commerciale pour finalement opter pour la comédie, où elle incarne des personnages décalés et marginaux. Mère célibataire dans Maktoub, elle devient une arnaqueuse, voleuse et menteuse dans  le prochain long métrage d’Ibrahim Eltaïef.

Blonde, les yeux  clairs, la peau mordue par le soleil, un sourire ultrabrite et une silhouette qui semble avoir été sculptée par les vagues de la Méditerranée… La lumineuse Mariem Ben Memi, a accepté de se livrer au jeu des questions réponses...

Aujourd’hui, Mariem Ben Memi n’est plus une illustre inconnue dans le monde artistique. Grâce à Chahnez, sa tête est bien connue. Mais qui est-elle ?

 

Mariem Ben Memi : Après des études de graphisme, au sein de l’Institut Supérieur des Beaux Arts de Tunis, j’ai opté pour un tout autre emploi. Le marché n’étant pas vraiment favorable, je me suis mise à mon propre compte et j’ai créé une société d’import & export. Actuellement, je me contente de l’import et du commerce de chaussures italiennes, l’exportation étant plus compliquée. Je gère une affaire commerciale de chaussures, avec une forte volonté de proposer des modèles originaux, question de changer ce que l’on trouve, généralement, à Tunis. C’est ainsi que j’ai ouvert mon propre magasin.

 

Des Beaux Arts, aux chaussures pour finir à la télévision... Comment s’est opérée cette transition peu conventionnelle ?

 

Au fait, c’est un pur hasard ou une simple coïncidence. J’ai eu l’opportunité d’être présentée à Sami Fehri, le producteur et réalisateur du feuilleton « Maktoub ». J’ai atterri dans la production, sans passer par un casting qui était déjà passé, et il ne restait que le rôle de Chahnez qui attendait de trouver preneur. Apparemment, le rôle était difficile, et le producteur n’a pas réussi à dénicher le profil adéquat, même si plusieurs candidates s’étaient présentées au casting. Sami Fehri a misé sur moi, en dépit de mon manque d’expérience dans le domaine. Ma relation avec la caméra se limitait à une petite expérience avec Jalel Jeddi, à ART El Arab, en tant qu’animatrice présentatrice, sans plus.

 

Comment s’est déroulé le tournage alors ?

 

Je dirais que les conditions de tournage étaient exceptionnelles.  J’ai été prise en charge par Atef Ben Hassine, alias Choco, dans Maktoub, qui était également directeur d’acteur. Avec lui, on a pas mal répété avant le tournage. Ainsi, j’ai pu évoluer progressivement. Néanmoins, le premier jour du tournage, j’ai eu un trac fou, à voir tout ce beau monde sur le plateau. J’ai paniqué. Je ne pouvais pas décevoir, il fallait absolument que j’assure. Et, comme de nature, j’ai horreur de l’échec, quoique je peux l’accepter, j’ai trop paniqué pour mieux réussir le rôle, surtout le premier jour du tournage, d’autant plus qu’on ne peut pas se permettre de répéter indéfiniment les scènes. Ceci exige du temps et un travail monstre pour les techniciens. 

Je dirais aussi que le réalisateur est, de nature, très coopératif, dans le sens où il met ses comédiens à l’aise. Et, j’avoue que je suis de nature à l’aise. J’ai assuré mon rôle, en essayant au maximum d’être crédible, d’être Chahnez...

Pour vous, il y a un avant et un après

Maktoub ?

 

Evidemment. Avant Maktoub, j’étais une femme anonyme, une citoyenne ordinaire qui apprécie les choses de la vie normalement comme tout le monde, quoi. Après, avec Chahnez, beaucoup de choses ont changé. Je suis devenue célèbre, connue du public, les gens me reconnaissent dans la rue, m’interpellent, me demandent de signer des autographes, de se prendre en photo avec moi, de me tagger sur des photos sur les réseaux sociaux… En bref, je pense qu’aujourd’hui, ma vie ne m’appartient plus tout à fait. On peut dire que je suis une femme publique. Le contact avec les téléspectateurs est très agréable. Et pourtant, je ne m’attendais pas à ce que le rôle plaise. Je m’attendais plutôt à des critiques. Je suis vraiment surprise que Chahnez ait plu, même si sa relation avec Daly était du domaine de l’interdit.

 

Justement, jouer à la maîtresse et, de surcroît, à la mère célibataire, en Tunisie, à la télévision et en plus pendant le mois de Ramadan, ça n’aurait pas dû être facile ?

 

Pour être sincère, quand j’ai lu le scénario, j’ai un peu hésité. Le sujet était doublement tabou : maîtresse d’un homme marié avec lequel j’ai un enfant… et donc, je suis mère célibataire qui devrait assumer… C’était un peu trop de tabous à la fois. J’avais à réfléchir et décider si, pour une première apparition, c’était bon pour moi. J’avais surtout peur d’être jugée par les téléspectateurs. Après réflexion, je me suis dit, de toute façon, moi je suis partisane du traitement des sujets tabous, je n’aime pas l’hypocrisie sociale. Alors, pourquoi ne pas essayer de porter la voix justement des mères célibataires à travers un rôle à la télévision ?

 

Est-ce que vous avez été mal jugée par les téléspectateurs ?

 

Pas du tout. Ma surprise fut grande en voyant  leurs réactions. Ils n’ont pas pris le rôle au premier degré, ils ont plutôt compati et m’ont félicitée pour ma prestation, quoique le feuilleton ait dérangé plusieurs, eu égard aux problématiques qu’il traitait. Je pense que les Tunisiens ont considéré Chahnez comme la victime d’un Daly machiavélique plutôt qu’une femme méchante qui cherche à le « voler » à son épouse. Chahnez a rêvé, comme toutes les filles du monde, de se marier et de fonder une famille. Mais, elle n’a eu que désillusions et déceptions…

 

Pour rester dans le chapitre de la famille, comptez-vous en construire une bientôt ?

La famille c’est ce qu’il y a de plus important dans la vie. C’est vers elle, et rien que vers elle, qu’on se retourne en cas de pépins ou de problème. Mettre la tête sur l’épaule de quelqu’un de la famille, pour y trouver refuge, c’est inégalable. J’ai bien sûr envie de fonder une famille. Néanmoins, il faudrait trouver la bonne personne. Car, une vie de couple, ce n’est pas facile, et il faut beaucoup de sacrifices… Ceci dit, je ne suis pas pressée pour me marier et je ne suis pas prête à allier ma vie à n’importe qui, rien que pour me  marier et fonder une famille. Une famille, c’est une grande responsabilité.

 

Quels sont vos critères, ou plutôt à quoi ressemble le profil de l’homme de votre vie ?

 

L’homme idéal pour moi doit répondre à des critères simples : tendre, affectueux, amoureux… Mais aussi, intelligent et protecteur.

 

Comment voyez-vous l’avenir?

 

J’ai bien envie de continuer à percer dans le milieu artistique. On a tous besoin de se perfectionner dans ce que l’on fait et l’on entreprend. J’aimerais bien faire plus et mieux. Le cinéma ? Pourquoi pas ? C’est noble pour tous les acteurs… Je me vois, enfin j’espère, poursuivre sur le même chemin, essayer de préserver l’image auprès du grand public et ne pas accepter n’importe quel rôle, juste pour le plaisir d’apparaître. Certes, en Tunisie il n’y a pas d’industrie de stars, encore moins de productions… Mais, il ne faut pas se dire : « je suis nouveau, je dois prendre tout ce qui me tombe sous la main ». Il faut bien choisir ses personnages, ses rôles… Tant qu’il y aura des propositions intéressantes, je suis preneuse. Je crois profondément à l’évolution et au développement de l’audiovisuel en Tunisie. Je suis de nature optimiste et je demeure confiante qu’un jour arrive où l’on tournera plus de quatre longs métrages par an, pourquoi pas dix ? 

Ceci étant, je compte travailler toujours pour mon compte, à la différence près que je changerais peut-être de projet. Des chaussures, je me reconvertirais probablement dans un projet de restauration, avec l’investissement dans un self service. J’ai passé six ans dans les chaussures, j’aimerais bien me reconvertir dans une autre affaire. Je n’aime pas la stagnation, j’aime plutôt l’innovation.

La guerre des productions ramadanesques a démarré, on aura le plaisir de vous  revoir au petit écran pendant Ramadan 2010 ?

 

Malheureusement non. Pour cette année, je prends une pause du petit écran. Je suis déjà apparue pendant deux ans de suite, avec Maktoub. Je ne voudrais pas que les téléspectateurs s’ennuient. D’ailleurs, dans ce sens, je trouve que Sami Fehri est hyper intelligent. Dans sa nouvelle production pour Ramadan, il n’a pas fait appel aux comédiens de Maktoub 1 et 2. Même s’ils ont réussi et qu’ils se frayent un chemin dans le monde artistique…

A part Sami Fehri, est ce qu’il y a des projets ou des propositions pour Mariem ?

 

J’ai eu une proposition pour le feuilleton « Njoum Ellil », dont la première partie a été diffusée, pendant Ramadan 2009. Mais, on ne s’est pas entendu. Je devrais jouer dans le nouveau long métrage d’Ibrahim Eltaïef, « Flouss Académie », dont le tournage a été reporté pour l’hiver prochain. J’assumerais le rôle de Ghalia, une arnaqueuse voleuse et menteuse, un peu machiavélique sur les bords, mais sous le couvert de la comédie, à la cineccitta. J’ai également eu une proposition de la part d’un réalisateur palestinien, Nasri Hajjej, pour jouer dans le film relatif à la vie de Mahmoud Darwich. Cependant, je n’ai pas accepté le rôle.

 

Pourquoi ?

 

J’ai refusé le rôle parce que je devais, encore une fois, être la maîtresse. Cette fois-ci de Mahmoud Derwich. Je ne veux pas avoir cette étiquette de maîtresse, de jouer la victime… J’ai bien envie de passer à autre chose, à d’autres rôles, d’évoluer. Et, pour ce faire, je pense qu’il faudrait incarner plusieurs rôles différents et de multiples facettes. Je peux être la fille pauvre, machiavélique, méchante, ou un autre personnage. Je refuse que Chahnez me colle à la peau. Chahnez est un beau souvenir et un beau passé. Maintenant, il faut aller de l’avant. De toute façon, j’ai été félicité par plusieurs réalisateurs tunisiens pour ce rôle dont Nouri Bouzid. Et qui sait, peut-être bien que quelqu’un parmi eux, me trouvera bien dans un de ses personnages.

 

On a vu que vous êtes très engagée avec l’Association Tunisienne des Malades de la Sclérose en Plaques. Vous en êtes même la marraine. Que représente cet engagement pour vous ?

 

Effectivement, je suis la marraine de l’Association des Malades de la Sclérose en Plaques. Cet engagement est dû au fait que mon ami d’enfance, Sami Azaiez est atteint de la maladie et que j’ai bien envie de mener ce combat avec lui et à travers lui, avec tous les malades, d’autant plus que le grand public n’est pas trop sensibilisé à la maladie. Ensuite, toute jeune, j’ai vu l’amie de ma mère souffrir de cette maladie dont l’évolution est très grave, elle peut conduire au décès de la personne. A cette époque, il n’y avait pas les traitements d’aujourd’hui.

Je suis hyper fière de mettre mon image au service de l’association pour récolter des fonds à son profit, sensibiliser à la maladie et être proche des malades.

Imen Behi
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