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L’audiovisuel en Tunisie : des clés pour une relance

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Publié le 22/02/2012

 

Dans le cadre de tables rondes nationales de consultation que le Programme Régional Euromed Audiovisuel III de l'Union européenne a prévu dans les pays du Sud de la Méditerranée, une rencontre a été organisée le 24 janvier, avec les autorités et les professionnels tunisiens du secteur cinématographique et audiovisuel. Autour de cette table ronde, les besoins et les attentes des acteurs du secteur ont été discutés dans la perspective d'une meilleure coopération régionale destinée à encourager le développement des activités cinématographiques et audiovisuelles en Tunisie.

 

Comment attirer des financements pour les films tunisiens, renforcer les capacités de production audiovisuelle et surmonter le problème de piratage et de distribution en Tunisie?

Quels apports attendre du centre national de l’image et de l’audiovisuel ?

 

Tels étaient les thèmes discutés lors de la table ronde de consultation organisée par le programme Euromed Audiovisuel III, de l’Union européenne, le 24 janvier 2012 à Tunis. Cette rencontre d’échanges et de réflexion, animée par le réalisateur tunisien, Ibrahim Letaief, s’est déroulée en présence des représentants des Ministères de la Culture et des Finances, de la Délégation de l’Union européenne en Tunisie d’institutions et organismes publics, ainsi que ceux de la société civile et des professionnels du secteur.

 

La séance d’ouverture a été ouverte par Monsieur Fethi Kharrat, suivi de Madame Stéphanie Carette, responsable de la communication de la délégation de l’Union européenne et de Madame Renate Roginas, Team Leader de l’unité de renforcement des capacités.

 

Financement des œuvres cinématographiques et audiovisuelles

Monsieur Fethi Kharrat, directeur général du cinéma et des arts audiovisuels au sein du ministère de la culture a fait remarqué qu’à « part la subvention du ministère, qui représente environ 35% du budget total des films, d’autres sources de financement ne sont pas faciles à trouver en Tunisie, en dehors de l’aide de certains fonds européens ». Si le ministère des finances, comme l’ont suggéré ses représentants pendant la rencontre, l’acceptait, des taxes spécifiques pourraient être mises en place en vue de soutenir la production cinématographique. Le rôle des banques dans le financement de la production a également été souligné, tout comme l’importance de la formation continue et de l’enseignement académique. Les professionnels se sont exprimés sur le rôle de la télévision dans le financement des productions. Selon eux, ce maillon est absent de la chaine de production cinématographique. La télévision ne finance, ni ne diffuse les films tunisiens en raison de tarifs d’achats de droits, jugés dérisoires. Beaucoup espèrent que l’apparition de nouvelles chaînes apportera du changement. M. Habib Jomni, réalisateur à la chaîne de télévision nationale, résume bien la situation en regrettant la rupture entre la TV et le cinéma, malgré les lois existantes.

 

Le développement des sociétés de production vers un statut des PME créatives

Pour que le secteur se développe sur des bases solides, il est important de songer à transformer les sociétés de production en leur accordant un statut des PME créatives tout en veillant à leur reconnaissance à part entière par les autorités. Il y va de la diversité de la production, de sa présence dans les régions et son influence sur le tourisme et la consommation culturelle. Les professionnels souhaitent que l’on considère et subventionne le cinéma et l’audiovisuel comme des secteurs créateurs de richesses et de promotion de l’image du pays, au même titre que les autres segments de l’activité économique.

 

Mais le financement n’est pas tout...

« Nous ne disposons aujourd’hui que de 15 salles sur l’ensemble du territoire, ce n’est pas suffisant » pour assurer la distribution des films dit Fethi. Plusieurs intervenants ont vu dans les salles de projection des Maisons de la culture à travers le pays (plus de 200) une ressource à exploiter pour relancer les cinémas, et le Ministère de la culture s’est dit prêt à envisager cette option avec intérêt. Pour remédier aux difficultés structurelles, organisationnelles et financières de ce secteur, l’ensemble de la profession compte beaucoup sur le Centre national de l’image et de l’audiovisuel (CNCI), créé par le décret-loi du 13 septembre 2011.

 

L’une des perspectives de développement du secteur du point de vue de la distribution et de la promotion, pourrait résider dans une coopération régionale, notamment au niveau du Maghreb ». Lors de la table ronde, l’IFC (Institut Français de Coopération) s’est dit prêt à aider les salles et à assurer des expertises, il suffirait d’avoir le minimum pré-requis, d’identifier les besoins.

 

A la clôture, Madame Renate Roginas a annoncé qu’en fonction des conclusions qui seront extraites des discussions, le programme proposera des actions – si possible en coopération avec d’autres bailleurs de fonds et acteurs de la région – pour répondre ainsi aux attentes de la profession. La création imminente du Centre national du cinéma et de l’image, la perspective de l’élargissement du réseau de salles commerciales aux maisons de la culture, la relance des mesures fiscales comme la taxe sur les entrées ainsi que la nécessaire coopération cinéma/télévisions et les perspectives offertes par les fonds européens de soutien, sont autant de chantiers à exploiter dans un proche avenir.

 

A.C.

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