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Bref, on a changé le monde.

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Publié le 10/01/2012

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi s’est immolé à Sidi Bouzid. C’était un acte quasi-normal dans une Tunisie en détresse économique et sociale.  Un an auparavant, un autre citoyen tunisien a fait la même chose à Monastir, rien ne s’est passé.  Le 29 décembre, Ben Ali nous a sorti : « Bikolli Hazm »*. Il a cru que c’était fini. Non, ce n’était pas fini.  Le 9 Janvier 2011, la révolte prend plus d’ampleur, partout en Tunisie. Les morts et les blessés tombent par dizaines. Le 13 janvier 2011, Ben Ali nous a sorti « Ena Fhemtkom »*. Il a cru que c’était fini. Non, ce n’était pas fini. Le lendemain, 14 janvier 2011, Naceur Aouini a crié sur l’avenue Habib Bourguiba vide : « Ben Ali hrab* ». Là, c’était fini, mais juste pour Ben Ali. Pour La Tunisie, une nouvelle vie commençait.

 

Le 25 janvier 2010, l’Egypte calque le modèle de la révolution tunisienne. Et ça recommence dans un autre pays de la région arabe. Protestations, 1er discours, des martyrs, deuxième discours, embrasement, 3ème discours et c’est fini le 6 février 2011. Cette fois-ci, pour Moubarek. Une nouvelle vie commence pour l’Egypte. Le 16 février 2011, le même scénario recommence à Benghazi. Le combat sera plus fort, il sera plus long. Le 26 août, le régime de Gaddhafi tombe. En même temps, les protestations prennent place en Syrie, au Yémen et occasionnellement au Bahreïn, au Maroc, en Jordanie et dans d’autres pays arabes.

 

Le 15 mai 2011, le mouvement « les indignés » se propage à partir de l’Espagne, avec les mêmes slogans tunisiens : « Le peuple veut renverser le système » et « Dégage », devenu aujourd’hui anthologique. Le 29 mai 2011 les indignés prennent le symbole de la bastille en France. Le 10 juin 2011, le mouvement gagne la Belgique.  Le 15 juin, le mouvement lance un avis de grève générale en Grèce.  Le 17 septembre 2011, le mouvement se transforme en  « Occupy Wall Street » avec occupation à partir de cette date d’une place à Wall Street. Il a essaimé dans 146 villes des États-Unis au 6 octobre. Les grands du monde croient que c’est fini. Je pense que ce n’est pas fini.

 

Entre temps, en Tunisie, on a combattu les snipers, on a dégagé un premier gouvernement, puis un deuxième gouvernement. On a décidé une date pour les élections d’une assemblée constituante. Puis on a changé la date des élections. On a fait les élections le 23 octobre 2011. On est resté trop longtemps pour comptabiliser les voix. On a donné le pouvoir aux islamistes “ modérés”. Il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. C’est normal, c’est ça la démocratie. On a fait une séance inaugurale de notre constituante. On a mis en place 3 présidents. Ça me rappelle les trois consuls de l’après  révolution française.

 

Ceci dit, Bouaziz s’est immolé pour le travail et la dignité, mais durant l’année 2011, le taux de chômage ne s’est pas rétracté, au contraire, le nombre de chômeurs  a augmenté.

La situation économique s’est détériorée et les besoins du pays sont restés les mêmes. Pour quelques personnes, 2012 sera meilleur, pour d’autres, non, mais pour la fin de 2011, le plus important reste que la planète terre n’est plus la même à cause de nous. Bref, on a changé le monde.

 

 

 

Nizar Chaari
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